Témoignage d'une infirmère : Personne n'entend nos cris d'alarme

 

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J'en suis là...

Je me présente, infirmière, j'ai bientôt 25 ans et je n'ai pas de nom car, je ne suis qu'un petit pion dans la chaîne hospitalière. Infirmière, j'en rêvais depuis petite. Aider autrui a toujours était mon moteur dans la vie. Dans ma religion, un sourire est une aumône. Seulement plus le temps passe et moins j'arrive à sourire. Je rentre parfois dans les chambres en me répétant tout bat ne pleure pas, plus que deux heures à courir partout. Ce monsieur a l'air triste, il vient d'apprendre qu'il a sûrement un cancer pulmonaire et qu'il va y passer comme sa femme. Je voudrais tant prendre le temps de lui parler, mais les sonnettes retentissent, le téléphone raisonne, mon chariot de soins déborde et une famille m’attend à la porte.

Je suis infirmière . Oui, infirmière diplômée en Juillet 2015, cela fait donc un peu plus de deux ans que j'exerce. Nous sommes le 11 Janvier 2018 à l'heure où je vous écris. Je me souviens l'euphorie, le bonheur et le plaisir de pouvoir exercer le métier que j'avais tant voulu. Chanter durant un soins, raconter des blagues pas drôle ou écouter un patient, le conseiller ou juste essayer de le comprendre me rendait épanoui. Cela me faisait oublier les difficultés du métier.

Je suis infirmière. Oui, infirmière en arrêt de travail aujourd'hui pour insomnie, épuisement moral et physique. Je me sens trahi par ce qu'on m'a appris à l'école, trahi par le système hospitalier qui ne me donne pas les moyens de faire pleinement le métier pour lequel je me suis engagée. Pour moi, infirmière signifie prendre soins. Cela englobe donc la partie physique mais aussi morale du patient. Je me souviens cette fois durant mes premiers mois en tant que diplômée où je suis rentrée dans une chambre double et vu une vieille dame au regard triste. Je l'ai questionné quant à la raison de sa baisse de moral. Elle m'a regardé tristement, j'ai alors regardé sa voisine de chambre qui m'a chuchoté qu'elle n'a pas eu de visite pour son anniversaire. Triste pour elle, je me suis mise à chanter « Joyeux Anniversaire » accompagnée de sa voisine et j'ai légèrement dansé en guise de « spectacle ». La vieille dame a fini par rire et m'a remercié. Bien que cette situation n'a duré que 5min et m'a mise en retard , j'ai eu l'impression de bien faire mon travail à ce moment là. En tout cas, c'est pour cette raison que je l'ai choisi.

Aujourd'hui, je n'ai plus de temps pour ça. Je tente de nager vers la surface mais le poids est parfois trop lourd à porter. Comment puis-je être bon soignant si je n'ai pas le temps de prendre soins ?? Bonjour madame, c'est la piqûre, à tout à l'heure. Voilà mon quotidien. Voilà notre quotidien. Je n'ai pas le temps d'être à l'écoute, je dois faire semblant de ne pas voir leur mal être. Ils ne sont plus que des chiffres, de l'argent. Il y a peu de temps, une femme est décédée en début de nuit. A peine le décès constaté qu'on me demandait déjà quand est-ce que nous allions pouvoir faire une entrée. La famille n'était même pas encore alertée de la situation. Nous n'avons même plus le temps de mourir.

Je vous parle là de quelques conséquences pour le patients (sans parler du risque majoré d'erreur dû à notre fatigue et à la course contre le temps que nous menons par exemple) mais il ne faut pas oublier le reste. On me demande l'après-midi de faire les soins de nursing avec ma collègue aide-soignante. J'aime beaucoup le travail en collaboration, c'est enrichissant. Le problème c'est que je n'ai malheureusement pas toujours le temps de l'aider et elle se retrouve donc seule face à 21 patients. J'imagine ce qu'elle doit ressentir, abandonnée... Le manque de personnel est considérable ; nous sommes parfois obligé de faire 12h sur un roulement de 8h car il y a un arrêt de travail. Mais on enchaîne, pas le choix. Je culpabilise de dire non et de laisser mes collègues dans la galère. Je vois bien, qu'eux aussi sont en souffrance.

Seulement aujourd'hui à 25 ans j'ai peur. Peur de ce que je vais devenir. Comment vais-je tenir jusqu'à la retraite alors que je suis déjà épuisée. Je n'ai parfois même plus la force de marcher dans ces longs couloirs, j'ai mal au dos, mes jambes sont lourdes. Personne n'entend nos cris d'alarme. Personne ne voit le mal être que l'on ressent. Je me sens seule. Je me sens maltraitée et maltraitante. Je n'ai pas toujours le temps de manger, de boire ou encore d'aller aux toilettes et ce même en 10h de temps. Je n'arrive pas toujours à effacer en un clin d’œil de ma mémoire le patient dont je me suis occupée tout les jours durant 3 mois et que j'ai vu donner son dernier souffle aujourd'hui. Pourtant c'est ce qu'on me demande de faire. Mais serais-je vraiment humaine si je les oubliais tous ? Et puis après tout ça, il faut rentrer à la maison et là aussi il y a parfois des conséquences. Trop fatiguée pour faire quoi que se soit...

J'aime mon métier mais je ne sais pas combien de temps je pourrais tenir... Vous ne lirez peut-être pas ces mots, mais j'essaie de panser mes blessures en écrivant ces quelques lignes...

Bien à vous,
Une infirmière.

Commentaires (31)

www.linux.org
  • 1. www.linux.org (site web) | 19/02/2018
You imply lіkme whn weе sing praiѕe sоngs in Church??
Larry asked and daddу nodded. ?Effectivelү I could make uᥙp a worship song.?

So Larry jumped to his feet and started to make up a ssong tο a гeally dangerous tune.

?Jesus is so cool. Its enjoyable being with God. Hеs thee funnest God anybody mіght have.?

Larry sang very badly sso Lee had put his hands over his ears.
Noella Tremblay
  • 2. Noella Tremblay | 30/01/2018
Je suis une infirmière retraite .j'ai travaillé 45 ans comme infirmière j'ai aimé mon métier
Je vois actuellement comment les infirmières exercent le métier je ne les envie pas.le manque
De temps, le manque de sympathie pour leurs clients,j'ai été hospitalisé je me suis sentie
Comme un numéro je ne travaillais plus à ce moment là
le md. ma signé un arrêt de travail .l Infirmière qui me soignait sans aucune discussion voulait
Que je prenne sans faute des calmants alors que je n'en avais pas besoin
dans mon dossier il y avait des ordonnances etablient davance sans tenir compte de mon profil
Comme si j'avais été un robot
actuellement je n'ai pas de médecin de famille au public car je ne suis pas malade à chaque que fois que je veux m'inscrire on me dit nous ne prenont plus de patient c'estça le milieu de la santé. On est revenu au année 60 ou mes parents devais payer pour se faire soigner
Jocelyne
  • 3. Jocelyne | 26/01/2018
J'ai due quitter mon métier et vacation en tant qu'infirmiere auxiliaire car après 6 années sur appels ,disponible à trois établissements, en plus d'être si mal représenter par mon syndicat....brûler par un système qui me ment , m'utilise à outrance , promet sans donner...pour avoir trop donner, trop voulue faire un excellent travail...résultats; arthrose généralisé, fibromyalgie sévère et cerise sur le sunday : aide sociale maladie...voilà!!!

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Catherine
  • 4. Catherine | 24/01/2018
Bonjour à toi, jeune infirmière.
J'ai lu plusieurs textes sur ce sujet, des cris du coeur d'infirmières qui se heurtent au mur de la réalité une fois rendue "sur le plancher" après l'école mais aucune encore ne l'a aussi bien verbalisé que toi. Moi même infirmière, j'ai frappé le même mur que toi alors que j'étais encore à mes tous premiers mois de pratique. Infirmière non par vocation mais par échec d'un premier projet de carrière, je ne peux m'imaginer la douleur de la chute que tu as vécue, me relevant encore difficilement de la mienne même après 4 ans. J'espère de tout mon coeur que sauras trouver ta voie dans ce métier qui ouvre tant de portes, mais des portes de béton que tu dois défoncer à mains nues.
Et ne perçois pas ce que tu vis présentement comme un échec, le métier d'infirmière en est un qu'il est impossible de pratiquer sans mettre un genou parterre, à un moment ou à un autre.
-X-
Masha
  • 5. Masha | 23/01/2018
J’ai vécu deux réelles hospitalisations dans ma vie en plus de mes accouchements et chaque fois, j’ai été touchée et impressionnée par la bienveillance des infirmiers et infirmières qui ont pris soin de moi. J’étais d’autant plus reconnaissante que je réalise à quel point leurs conditions sont difficiles. Je profite donc de cet article pour vous remercier du fond du cœur et aussi pour prier pour que vos requêtes soient entendues!!
Mag
  • 6. Mag | 23/01/2018
Bonjour, je comprends votre situation et je rejoins mes collègues ci dessus. Je suis entrée en clinique psychiatrique car c est encore un des rares services où on a le temps pour le patient où les on peut tisser DU lien avec le patient. Un peu de technique, un peu d'urgences de temps en temps et un travail extrêmement enrichissant. Bien sûr il faut avoir envie de s intéresser aux autres...je ne dis pas que je ferais cela toute ma vie mais pour l instant j adore. Postulez ?? Vous gagnerez en qualité de vie...
Mag
  • 7. Mag | 23/01/2018
Bonjour, je comprends votre situation et je rejoins mes collègues ci dessus. Je suis entrée en clinique psychiatrique car c est encore un des rares services où on a le temps pour le patient où les on peut tisser DU lien avec le patient. Un peu de technique, un peu d'urgences de temps en temps et un travail extrêmement enrichissant. Bien sûr il faut avoir envie de s intéresser aux autres...je ne dis pas que je ferais cela toute ma vie mais pour l instant j adore. Postulez ??
Lizanne
  • 8. Lizanne | 23/01/2018
J'ai lu tes mots et je vis la même chose. J'ai 35 ans et ça n'a jamais été aussi pire. Non personne nous comprends mais entre nous on se comprend. Ce qui me fait désespérer ces que j'ai l'impression que ça n'ira qu'en empirant....
Roxane
  • 9. Roxane | 23/01/2018
J'ai 37 ans et j'ai fait ces études d'infirmières à 29 ans. Après un stage en chirurgie, j'ai vite compris que les "soins à la chaîne" n'étaient pas du tout faits pour moi. Certes on apprend, mais faire soins techniques sur soins techniques ne m'intéressait pas. J'ai vu, j'ai fait une fois ou deux, pas besoin de le faire à longueur de journée.
Je rejoins le commentaire d'une collègue plus haut, la santé mentale est une très bonne alternative. Sitôt diplômée, je me suis orientée vers la psychiatrie et j'ai passé 5 années à bosser dans une clinique près de chez moi. Certes, payée au lance-pierre, entre 1400 et 1500€, mais j'y ai beaucoup gagné en qualité de vie. Pas de stress, un peu de soins techniques de temps en temps pour ne pas perdre la main, et énormément de relationnel, des entretiens et encore des entretiens. J'étais très aimée de mes patients, je bossais avec des équipes super et j'ai toujours été au travail avec le sourire. Aujourd'hui, je fais du libéral. C'est un peu la course mais il y a beaucoup de relationnel aussi. Tu gères ton temps comme tu veux. Perso, je suis très épanouie depuis que je suis diplômée et, à la différence de vous toutes, je n'ai jamais foutu les pieds à l'hôpital.
Leslie
  • 10. Leslie | 23/01/2018
Oh!Comme je te comprends!J'ai moi même écrit un article en septembre 2016 sur ma situation tristement semblable à la tienne. J'ai 29 ans, 6 ans de diplôme et j'ai également traversé une période très sombre dans ce métier qui me passionnait tant. La vie à fait que 2 merveilleux enfants sont entrés dans ma vie et m'ont fait sortir la tête de l'eau en m'offrant la possibilité de s'extirper de ce monde hospitalier. Un véritable don du ciel, une bouffée d'oxygène à un moment où je suffoquait tellement que la possibilité d'en finir se profilait. En septembre prochain, ma bulle eclatera et je devrais retrouver ma blouse. Cela fait 1 an que j'y pense, que les cauchemars se font de plus en plus fréquent. Je vis une sorte de choc post traumatique, un enfer dans lequel il est difficile de sortir. Changer de métier?pour quoi faire et avec quels moyens? Cette situation est tellement difficile et ci commune qu'elle donne la nausée. Je te souhaite de trouver ta voie, tu es jeune et la retraite dont tu parles est loin. On a qu'une vie, ne l'oublions jamais.
Leslie
Daphné
  • 11. Daphné | 23/01/2018
J'ai vécu un stress similaire en aillant une brève expérience de travail en milieu physique, où l'on ne me donnait pas le temps de m'intégrer... il fallait qu'en seulement une dizaine de jours je performe comme une infirmière aillant 10 ans de métier. Je ne pouvais pas prendre le temps de parler à mes patients, il fallait courir d'un bord et de l'autre, je ne traitais plus des humains mais j'opérais des machines (médicaments, pompes, pansements...). Je me suis tournée vers le milieu de la santé mentale. J'y ai trouvé un aspect beaucoup plus humain et relationnel des soins infirmiers. Peut-être aimerais-tu cela? Bon courage et prend soin de toi.
Audreg
  • 12. Audreg | 23/01/2018
Ton texte est parfait. Il décrit très bien comme je me sens aussi. Sache que tu n'es pas seule. J'ai 25 ans. Ça fait 3 ans que je pratique cette profession. Et je suis aussi en arrêt de travail pour fatigue et trouble anxieux dû à mon travail.
Simondin
  • 13. Simondin | 22/01/2018
Cette année est ma 38 éme dans la fonction hospitaliere, ASH , 25 ans AS et 11 ans IDE.
Aujourd'hui je suis plus en service car on a jugé qu'avec une demi prothèse de genou et des problèmes de dos (même bien pris en charge ) que je n'avais plus ma place dans les soins.Je suis a la gestion des lits. Je viens de faire mon deuxième genou, cela m'a permis de réfléchir, j'ai un diplome d'IDE et non de secretairre/standardiste entre les urgentistes qui veulent un lit et mes collègues épuisées à qui je dois prendre un lit pour les,patients. Pas toujours évident mais avec de la diplomatie et en donnant les bonnes informations on y arrive. Moi, ça ne me plait plus, j'ai des compétences et des connaissances , je'ai fait plusieurs hopitaux pour suivre mon conjoint a chaue changement de poste. Mon souhait serait d'enseigner et de preparer mes futures collègues a cette profession formidable d'IDE ,mais sans oublier d'expliquer que tout n'est pas toujours facile,que l'on nous en demande de plus en plus.Quand vous sortez de l'école vous n'êtes pas prête pour ça. Mais on me trouve trop proche des élèves , peut être mais c'est aussi pour vous aider à ma façon a vous préparer à ces problèmes que vous rencontrez aujourd'hui.
J'adore mon travail, ne plus être dans les soins est comme une punition.
J'ai 57 ans et je ne regrette pas mon choix celui de prendre soin des patients, des élèves et des personnes que j'aime
Ça me desole de vous voir jeunes collègues en souffrance
q
T U
  • 14. T U | 22/01/2018
J'ai vécu la grève des infirmières en 1999 et malheureusement, rien n'a changé, rien ne s'est amélioré. De plus, nous avons été lourdement punies avec amendes et perte d'ancienneté.
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Nolwenn L
  • 15. Nolwenn L | 22/01/2018
Texte tellement réaliste...
J'ai 24 ans infirmière en Gériatrie, diplômée depuis 3ans et demi. En congé longue maladie depuis maintenant 1 an suite à un burn out. Bon courage à toutes et à tous.
FT
  • 16. FT | 22/01/2018
Je suis infirmière depuis 10 ans au privé. Le système public n’embauche pas (Québec). J’ai beau envoyer mon CV des centaines de fois durant l’année depuis 10 ans, pas d’entrevue. Je voudrais tellement contribuer moi aussi en CH, la vraie place d’une infirmière selon moi. Mais je vais abandonner la profession dans un avenir proche. Pas d’avenir. Quand une infirmière veut entrer au public et qu’elle pourrait aider aux manque de personnel mais qu’on ne lui donne pas sa place alors elle quitte après avoir essayé 10 ans. Ne cherchez pas pourquoi il y a tant de burn out, il manque de personnel et ils n’embauchent pas.
Josée
  • 17. Josée | 22/01/2018
Ça fait 15 ans que je suis infirmière. Un choix personnel de retour aux études car j’ai toujours eu ce besoin d’aider et donner à ceux qui en ont besoin. Dans ma profession on appelle souvent ça «  une vocation ». Les gens autour de moi me trouvaient tellement courageuse de retourner 3ans sur les bancs d’école à l’âge de 37 ans. Moi je me disais que c’était si peu d’années d’études pour enfin faire ce que j’aspirais devenir : une aidante pour les malades. Je croyais que je pourrais m’accomplir enfin! Je suis maintenant en arrêt de travail depuis 3 ans. J’ai eu 2 tentatives de retour progressif et j’ai échoué car je n’arrive plus à suivre ce rythme de fou! Je fais toujours du temps supplémentaire non payé la plupart du temps et je me sens tellement coupable de ne pas arriver à suivre la cadence comme mes collègues de travail. Ils font tous eux aussi du temps supplémentaire pourtant mais ils ne sont pas encore tombé au combat. Ils sont fatigués comme moi mais tiennent encore le coup. Moi je n’y suis pas arrivée. Je ne dormais plus et je pleurais en n’importe quel temps et ça arrivait tout seul sans que je m’y attende. Parfois au travail devant mes patients et leurs familles. J’étais honteuse! Je ne me trouvais plus aidante du tout et mes humeurs étaient labiles comme ça se peut pas! Je me trouve chanceuse que mon conjoint soit demeurer à mes côtés car je crois que je me serais flushée moi-même! Surcharge de travail et surcharge de patients nous tue petit à petit et pas seulement moi, mais mes collègues aussi! Je travaille sur un quart de travail de soir, soit de 16h00 à 00h15 dans un centre hospitalier primaire. J’étais au travail à 15h30 pour avoir le temps de préparer une cédule de soins pour mes patients afin de pouvoir coordonner le tout de façon optimal et je n’ai jamais demandé d’être payée avant 16h00 car je me disais je veux réussir à débuter mes soins aux patients à temps afin de pouvoir faire tout le travail qui m’était demandé. Je ne prenait qu’une 1/2 heure de souper même si j’en avais 45min. car je savais déjà que si je voulais terminer à temps, je devais utiliser ce 15 min. en surplus afin de me donner encore plus de temps pour les soins. Je n’ai jamais pu prendre la 1/2 heure de pause qui m’est accordée en soirée car j’étais toujours en retard dans mon travail. Et je terminais presque tous les jours plus tard que 00h15 afin de terminer d’écrire mes notes dans le dossier des patients pour que ce soit légal et pour faire le suivi des soins donnés pour mes collègues de nuit qui prenaient le relais. Sur ça j’allais enfin vider ma vessie car je n’avais jamais le temps d’aller aux toilettes pendant mes quarts de travail. Mon urine était toujours très très foncée car en plus je n’avais jamais le temps de boire de l’eau! En fait on s’oublie toujours pour nos patients car on sait qu’ils ont besoin de soins immédiats. Notre clientèle est moyennement âgée de 80 ans avec plus d’une maladie à soigner. Ce sont la plupart du temps des cas lourds (de soins) pour nous. Très souvent la maladie les rends incontinents et peu autonomes. En bref...le médecin qui me suit avait inscrit dans les notes médicales pour mon retour au travail que je ne devais pas faire de temps supplémentaire et de mon côté je recommençais à faire de l’insomnie car au retour du travail je n’étais pas capable de décrocher du travail et je faisais une sorte de bilan pour savoir si je n’avais pas oublié des soins quelconques pendant ma soirée car je n’avais certainement pas le temps de m’arrêter au travail pour en faire un. J’étais encore sur l’adrénaline et l’hyper-vigilence de mes soirées de surcharge. Quand j’arrivais chez moi vers 1h30 ou plus tard, je n’étais pas capable de me coucher avant 3h30 au moins et même au lit avec de la médication pour m’aider à dormir je n’y arrivais plus! Alors mon médecin a demandé une diminution de travail à 3 jours semaine pour environ 6 semaines pour réévaluation. Tout ça pour me permettre de récupérer du repos pour ne pas devoir arrêter de nouveau le travail. Et bien mon employeur a décidé de m’arrêter complètement et de m’envoyer faire une expertise médicale. Je suis présentement en attente du rapport de l’expertise et j’ai peur de perdre mon travail car je dois travailler comme tout le monde pour payer mes factures. J’étais une personne dynamique et pleine de vie qui aimait rire et faire de l’humour avant. Maintenant je suis l’ombre de moi-même, je ne me reconnais plus, je ne ris presque jamais, je suis toujours stressée et je fais encore de l’insomnie! Je n’ai pas envie de changer de carrière car malgré tout ça j’aime encore mon métier, il me passionne toujours mais je me demande maintenant si je dois me réorienter vers un métier moins difficile et plus stable aussi. J’attends le rapport et je réfléchis à ce qui pourrait me motiver autrement sans y laisser ma santé. J’ai tout de même 54 ans, ce ne sera certainement pas facile de recommencer ailleurs mais en même temps je veux retrouver une santé mentale saine. Juste retrouver ma santé que j’ai perdu au travail! Je suis tellement triste car si le gouvernement permettait de mettre un quota patients raisonnable, et diminuer la surcharge de travail, mes problèmes et ceux de mes collègues seraient probablement réglés. Pour ça ils doivent engager encore plus de personnel soignant et j’ai récemment lu dans un article de journal qu’il y avait 1600 infirmiers, infirmières qui sont sans emploi pour l’instant donc ça me fait dire à moi que du personnel il y en a! Engager donc!
Josée inf.
Josée
  • 18. Josée | 22/01/2018
Ça fait 15 ans que je suis infirmière. Un choix personnel de retour aux études car j’ai toujours eu ce besoin d’aider et donner à ceux qui en ont besoin. Dans ma profession on appelle souvent ça «  une vocation ». Les gens autour de moi me trouvaient tellement courageuse de retourner 3ans sur les bancs d’école à l’âge de 37 ans. Moi je me disais que c’était si peu d’années d’études pour enfin faire ce que j’aspirais devenir : une aidante pour les malades. Je croyais que je pourrais m’accomplir enfin! Je suis maintenant en arrêt de travail depuis 3 ans. J’ai eu 2 tentatives de retour progressif et j’ai échoué car je n’arrive plus à suivre ce rythme de fou! Je fais toujours du temps supplémentaire non payé la plupart du temps et je me sens tellement coupable de ne pas arriver à suivre la cadence comme mes collègues de travail. Ils font tous eux aussi du temps supplémentaire pourtant mais ils ne sont pas encore tombé au combat. Ils sont fatigués comme moi mais tiennent encore le coup. Moi je n’y suis pas arrivée. Je ne dormais plus et je pleurais en n’importe quel temps et ça arrivait tout seul sans que je m’y attende. Parfois au travail devant mes patients et leurs familles. J’étais honteuse! Je ne me trouvais plus aidante du tout et mes humeurs étaient labiles comme ça se peut pas! Je me trouve chanceuse que mon conjoint soit demeurer à mes côtés car je crois que je me serais flushée moi-même! Surcharge de travail et surcharge de patients nous tue petit à petit et pas seulement moi, mais mes collègues aussi! Je travaille sur un quart de travail de soir, soit de 16h00 à 00h15 dans un centre hospitalier primaire. J’étais au travail à 15h30 pour avoir le temps de préparer une cédule de soins pour mes patients afin de pouvoir coordonner le tout de façon optimal et je n’ai jamais demandé d’être payée avant 16h00 car je me disais je veux réussir à débuter mes soins aux patients à temps afin de pouvoir faire tout le travail qui m’était demandé. Je ne prenait qu’une 1/2 heure de souper même si j’en avais 45min. car je savais déjà que si je voulais terminer à temps, je devais utiliser ce 15 min. en surplus afin de me donner encore plus de temps pour les soins. Je n’ai jamais pu prendre la 1/2 heure de pause qui m’est accordée en soirée car j’étais toujours en retard dans mon travail. Et je terminais presque tous les jours plus tard que 00h15 afin de terminer d’écrire mes notes dans le dossier des patients pour que ce soit légal et pour faire le suivi des soins donnés pour mes collègues de nuit qui prenaient le relais. Sur ça j’allais enfin vider ma vessie car je n’avais jamais le temps d’aller aux toilettes pendant mes quarts de travail. Mon urine était toujours très très foncée car en plus je n’avais jamais le temps de boire de l’eau! En fait on s’oublie toujours pour nos patients car on sait qu’ils ont besoin de soins immédiats. Notre clientèle est moyennement âgée de 80 ans avec plus d’une maladie à soigner. Ce sont la plupart du temps des cas lourds (de soins) pour nous. Très souvent la maladie les rends incontinents et peu autonomes. En bref...le médecin qui me suit avait inscrit dans les notes médicales pour mon retour au travail que je ne devais pas faire de temps supplémentaire et de mon côté je recommençais à faire de l’insomnie car au retour du travail je n’étais pas capable de décrocher du travail et je faisais une sorte de bilan pour savoir si je n’avais pas oublié des soins quelconques pendant ma soirée car je n’avais certainement pas le temps de m’arrêter au travail pour en faire un. J’étais encore sur l’adrénaline et l’hyper-vigilence de mes soirées de surcharge. Quand j’arrivais chez moi vers 1h30 ou plus tard, je n’étais pas capable de me coucher avant 3h30 au moins et même au lit avec de la médication pour m’aider à dormir je n’y arrivais plus! Alors mon médecin a demandé une diminution de travail à 3 jours semaine pour environ 6 semaines pour réévaluation. Tout ça pour me permettre de récupérer du repos pour ne pas devoir arrêter de nouveau le travail. Et bien mon employeur a décidé de m’arrêter complètement et de m’envoyer faire une expertise médicale. Je suis présentement en attente du rapport de l’expertise et j’ai peur de perdre mon travail car je dois travailler comme tout le monde pour payer mes factures. J’étais une personne dynamique et pleine de vie qui aimait rire et faire de l’humour avant. Maintenant je suis l’ombre de moi-même, je ne me reconnais plus, je ne ris presque jamais, je suis toujours stressée et je fais encore de l’insomnie! Je n’ai pas envie de changer de carrière car malgré tout ça j’aime encore mon métier, il me passionne toujours mais je me demande maintenant si je dois me réorienter vers un métier moins difficile et plus stable aussi. J’attends le rapport et je réfléchis à ce qui pourrait me motiver autrement sans y laisser ma santé. J’ai tout de même 54 ans, ce ne sera certainement pas facile de recommencer ailleurs mais en même temps je veux retrouver une santé mentale saine. Juste retrouver ma santé que j’ai perdu au travail! Je suis tellement triste car si le gouvernement permettait de mettre un quota patients raisonnable, et diminuer la surcharge de travail, mes problèmes et ceux de mes collègues seraient probablement réglés. Pour ça ils doivent engager encore plus de personnel soignant et j’ai récemment lu dans un article de journal qu’il y avait 1600 infirmiers, infirmières qui sont sans emploi pour l’instant donc ça me fait dire à moi que du personnel il y en a! Engager donc!
Josée inf.
Diane Beaudry
  • 19. Diane Beaudry | 22/01/2018
Et oui tu as tellement raison chère infirmière qui garde aussi l’anonymat à cause d’une OMERTA non écrite... et de plus le temps avec les patients aussi à cause de l’augmentation des nombreux documents à compléter pour assurer la qualité et les soins du patient.... mais tout ce cléricale en moins.... le patient seraient gagnant... car nous pourrions ainsi faire ce dons pourquoi nous avons accepter cette vocation... servir, écouter et soigner nos patients... comme moi je voudrais être soigner.... plus tard...
Je te comprend et j’entend ton crie... je ne peux pas prendre ta douleur mais je sais écouter.... je ne sais pas si un jour le monde va ce réveiller...
Rioux
  • 20. Rioux | 22/01/2018
Je suis infirmier auxiliaire et je te comprends très bien. Malheureusement, moi aussi, des fois je me questionne mais infirmier auxiliaire est déjà une réorientation. Je ne retournerai pas aux études pour une troisième fois!
Infirmière
  • 21. Infirmière | 22/01/2018
Je suis infirmière depuis plus de 5 ans et je vais démissionner bientôt de ce métier qui jadis me passionnait ... nous jouons avec la vie humaine et je ne peux encaisser que nous soyons à ce point dangeureuse pour les patients. La fatigue, le manque de temps et l'incertitude de finir à l'heure prévue (risque de tso)... je ne peux olus en prendre. Je fais une réorientation de carrière avant d'être responsable d'une erreur grave car nous ne sommes plus sécuritaires pour les usagers.
Christian Collard
  • 22. Christian Collard | 22/01/2018
Je suis infirmier en arret de travail. J ai travaillé pendant 30 ans dans le systeme de sante Quebecois. J ai decide de continuer a soigner les gens dans ma maison. Bienvenue aux gens malades pauvres et sans abris, avec l Amour de Jesus, nous reussirons a survivre a ce monde sans Amour car sans Dieu.undefinedJe suis infirmier en arret de travail. J ai travaillé pendant 30 ans dans le systeme de sante Quebecois. J ai decide de continuer a soigner les gens dans ma maison. Bienvenue aux gens malades pauvres et sans abris, avec l Amour de Jesus, nous reussirons a survivre a ce monde sans Amour car sans Dieu.
Ginger
  • 23. Ginger | 22/01/2018
Bonsoir je viens de lire ton texte ... et ça m as rappelé moi .... moi qui viens de démissionner de l hôpital ... nous ne somme que dés numéro et c est bien dommage car bientot , si rien ne change, nous ne pourrons plus être malade car il n y auras plus personne pour s’occuper des patients ...
Therrien G
  • 24. Therrien G | 22/01/2018
Tenez bon les jeunes vous aurez surement du courage et de la force pour continuer dans ce métier que vous aimez Le gouvernement devra voir ce qu'il fait de ces infirmières la fatigue ,le désarroi et le moral qui fui. Tenez bon j'aurai besoin de vous bientôt peut-être j'ai 75 ans,et vous êtes mon espoir
Infirmière
  • 25. Infirmière | 22/01/2018
Ton texte est tellement réel , moi j’ai 40ans , après 15 ans d’experience Comme infirmière , j’ai abandonner , pourtant j’iamais mon métier, mais les soins que je donnais à mes patients n’etais plus ce donc mes valeurs personnelles et ces n’etais Plus humain de soigner les patients , maintenant je sus bien , bon courage
gilbert biamont
  • 26. gilbert biamont | 21/01/2018
Hommage a toutes les infirmières, qui font don de leurs vies , et de leurs santés pour nous soigner le mieux qu elles sont autorisée par le manque de bonne gouvernance de certaines personne de( 150 kilos )
Quel courage et puis tenir en bonne entente une petite famille après toute cette fatigue bravo a nos anges gardiens
Étienne Marchand
  • 27. Étienne Marchand | 21/01/2018
Courage à toi chère infirmière... Tu n'est pas la seul à être découragé d'un système de santé qui n'a plus de sens. L'important c'est de prendre en charge ta santé et de devenir un modèle pour les autres en faisant ton possible et réaliser tes rêves... Est-ce vraiment dans les hôpitaux. tu peux le faire à d'autres endroits qui vont respecter ton rythme et ta bienveillance...

Le meilleur pour toi et repose toi bien car la santé c'est le plus beau cadeau à s'offrir...
Yvette Dupuis
  • 28. Yvette Dupuis | 21/01/2018
Par contre il y a des gens qui vous comprennent, qui vous voient comme des êtres humains qui ont aussi besoin de soins. C'est beau de donner mais parfois il faut aussi recevoir. On comprend votre interminable travail, vos frustrations, vos peines, mais on pense qu'on y peut rien. Il faut écrire aux dirigeants, leur dire qu'on en a assez de cette situation, qu'ils doivent faire quelque chose avant que nos infirmières deviennent toutes des patientes...
Agente adm.
  • 29. Agente adm. | 21/01/2018
C'est tout aussi l'enfer pour nous, vos collègues de travail agentes administratives ou préposées aux bénéficiaires, qui vous voyons chaque jour à la presse sur tout, à peine le temps de respirer. C'est prenant sur le moral de tout le monde. La pression est forte (intenable) sur l'équipe de travail au complet. Les postes sont coupés et jumelés, chacun doit fournir pour deux (si seulement on pouvait se cloner parfois...). La clientèle ne voit pas notre souffrance, tout comme l'employeur. Un merci est devenu si rare, nous ne sommes bons qu'à nous faire engueuler et changer toutes nos manières de faire pour des procédures interminables qui ne visent qu'à mettre des quotas pour les précieuses statistiques. C'est prenant et ça mériterait une forte réflexion du ministre de la santé. Ces fusions n'étaient pas une solution et il serait temps d'agir avant que tout le personnel en santé soit en arrêt de travail.. Je vous trouve bonnes les infirmières de continuer à soigner et de penser au côté humain de votre job. Ça prendrait plus de gens humains pour comprendre la surcharge de travail et y remédier.
Mariesol
  • 30. Mariesol | 21/01/2018
J'ai été dans ce même état quand j'étais dans les hôpitaux. Ait confiance.un jour tu trouvera ta place ,ta niche.à mon emplois oui il ya des journées(périodes ) de fou.mais parfois, (plus qu'à l'hôpital c'est sûr ! )jai le temps davoir une vraie relation humaine avec mes patients.courage. soins toi. Guérie tes blessures à l'âme .Et après trouve ta place et change de secteur.mais surtout continue. ce métier faut la peine
BOULANGER
Je vous comprends mais je ne puis rien y changer, seulement pardonner lorsqu'une infirmière me bouscule un peu trop, me soigne trop vite avec peu de délicatesse, sans explication, je sais que votre situation et celle de vos collègues est très difficile mais c'est à vos supérieurs dans les milieux médicaux et politiques qui doivent intervenir pour faire changer ça. mais vos supérieurs ne sont ils pas déjà dans la même situation ? Il faudrait pourtant trouver une solution ça ne peut pas continuer ainsi, ni vous ni moi ne sommes des machines, il faudrait pouvoir redevenir humain.

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